Anna Bruno – Ordinary Hazards

Anna Bruno – Ordinary Hazards

THE FINAL FINAL has been Emma’s and Lucas’ preferred bar for years. But on her 35th birthday, Emma isn’t anymore the woman she used to be. She is drinking alone, acknowledging the other regulars and thinking about what has gone wrong in her life during the last couple of years. Her professional choice which deeply annoyed her success-oriented father, her marriage with Lucas which was never easy but also not too bad, the happiness when their son Lionel was born. And now she is sitting in a bar drinking and ignoring the texts from her friend Grace who seemingly has arranged something for her birthday. The more the evening advances the more the tension in the bar rises and unexpectedly, she learns things which lead to a dramatic end.

What I liked most about Anna Bruno’s novel were first, the atmosphere of the bar and second, the development of the protagonist. On the one hand, we have a place where you typically do not find an average single woman drinking alone. At first, everybody is friendly, they have known each other for years but keep a natural distance, they are only bar acquaintances it seems with no further connection and know not to trespass the personal sphere of each other. Over the course of time, you learn more about the other guests and slowly the heat is rising. This comes quite as a surprise which only underlines how perfectly this has been developed.

The whole plot centres around Emma and her pondering. It does not take too long to understand that something important must have happened that lead to the separation and deeply impacted her psychological state. It is just those things that happen in life, evidently ordinary hazards.

I loved the structure of the novel, having two timelines interwoven which each other which culminate in a distressing climax. Vividly narrated at a moderate pace, I really enjoyed delving into it.

Laurence Peyrin – Les jours brûlants

laurence peyrin les jours brûlants
Laurence Peyrin – Les jours brûlants

Joanne mène la vie typique d’une épouse et mère dans la petite ville de Modesto dans les années 70. Son mari Thomas travaille comme médecin et elle s’occupe des enfants et du ménage. Mais un jour, un incident bouleverse toute sa vie : un agresseur lui fait tomber de son vélo et vole son sac. Elle n’a pas de graves blessures mais le fait d’être devenu victime l’empêche de retourner dans la vie et de se sentir à l’aise. Quand Thomas lui refuse plus de médicaments, elle boit de l’alcool, puis, son comportement change : au supermarché, elle échange les chariots et prépare les dîners avec ce que d’autres personnes ont voulu acheter pour sentir un peu la normalité qu’elle-même ne retrouve plus. Un jour, après une phrase de trop de Thomas, elle se voit confrontée à une décision : ou elle se suicide ou elle recommence avec une autre vie. C’est ainsi que la nouvelle Joanne naît : à Las Vegas, derrière un comptoir d’un bar comme la reine des cocktails.

Laurence Peyrin raconte l’histoire d’une personne qui est déracinée violemment de sa vie. C’est un incident inférieur, plutôt une chose pour s’énerver et se fâcher, mais rien d’important. Pour Joanne, au contraire, c’est un moment décisif, quoique saine physiquement, son esprit et son caractère changent profondément. C’est la peur de devenir victime une deuxième fois, l’impression de ne pas être comprise, la recherche de n’importe quoi pour arrêter les pensées de tourner en rond et pour oublier cette journée fatale.

Mais l’auteur raconte aussi l’histoire de personnes qui montrent de la bienfaisance, qui ne jugent pas et qui ne posent pas trop de questions, mais qui sont là pour les autres et qui les acceptent comme ils viennent. Au Bunny Bunny, Joanne est un personnage sans passé mais pour qui il y a un présent et peut-être un avenir qu’elle crée elle-même. Une famille composée de personnes en fuite, mais une sorte de famille avec des règles strictes qui donnent de l’orientation pour ceux perdus dans la vie.

Il y ce slogan fameux « What happens in Vegas, stays in Vegas » pour attirer les visiteurs avec la promesse que leurs secrets seront bien cachés là-bas, mais ce sont aussi les âmes perdues qui s’y retrouvent. Une ville artificielle qui offre la possibilité de s’inventer de nouveau – et d’oublier d’où on vient.

J’ai bien aimé ce roman plein de compassion qui offre beaucoup à réfléchir.