Yann Ollivier – En attendant Boulez

yann-ollivier-en-attendez-boulez
Yann Ollivier – En attendant Boulez

Ça ne fait pas longtemps que Jade Valois fait partie de l’équipe et la seule raison de l’accepter était qu’elle savait parler le chinois. Et maintenant, c’est sa chance : dans la Philharmonie, une pianiste chinoise a été tuée et l’affaire est délicate comme le gouvernement chinois se mêle immédiatement. La jeune Han Li devait présenter la première d’un œuvre exceptionnel par Entertainment Inc : « Chopart », un projet crée uniquement par les algorithmes et attendu avec grand intérêt par le public culturel. Que sait l’intelligence artificielle créer ? Mais d’abord, ce sont les humains qui sont au centre d’intérêt de la jeune policière car le meurtre de la pianiste est seulement le début d’une série d’assassinats au monde de musique.

Le titre déjà indique qu’on va parler de la musique, le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez est bien connu comme un enfant terrible à cause de ses polémiques. Boulez a joué un rôle important dans le développement de la musique électronique, dans le roman de Yann Ollivier, cela avance encore, c’est seulement le logiciel maintenant qui devient créateur et qui remplace l’homme.

J’ai bien aimé le personnage principal, Jade Valois, une jeune femme qui grâce à ses connaissances du chinois et de la musique classique peut résoudre ce cas complexe. Yann Ollivier a parfaitement dessiné le monde de la musique classique et il ne faut pas longtemps pour s’y perdre. Ce qui m’a intéressé avant tout, c’était une petite action secondaire : le problème du copyright si le créateur n’est pas un être humain.

Jacques Attali – Meurtres, en toute intelligence

jacques-attali-meurtres
Jacques Attali – Meurtres, en toute intelligence

Automne 2018. Quand la commissaire Fatima Hadj est convoquée à l’hôtel de Crillon à Paris, elle pense encore à un meurtre plus ou moins habituel. Le PDG d’une entreprise américaine a été assassiné, mais à l’intérieur de la chambre, il n’y a aucune empreinte. L’enquête se concentre vite sur les collaborateurs qui sont venus à Paris avec le PDG afin de finaliser la fusion avec une entreprise française. Mais, tous les suspects étaient assis à une table dans le restaurant à l’heure de l’assassinat. C’est un concurrent alors qui a éliminé le PDG ? Et quel type de logiciels produisent-ils chez la firme Boromir Technologies ? Et pourquoi une fusion avec une entreprise qui est spécialisée en drones ? Peu de jours après, Fatima va avoir compris non seulement la relation entre le logiciel et les drones, mais aussi que cet assassinat était évidemment juste le début d’une série d’attaques.

Jacques Attali sait très bien de quoi il parle. Ancien conseiller spécial du président de la République et expert en économie, il connait bien la fragilité de celle-ci et il sait très bien lier l’économie non seulement au progrès technologique mais aussi à la menace globale par des groupes de terroristes. Ainsi, il a créé une histoire complexe comme la réalité.

A début, on songe lire un roman policier plus ou moins typique : un assassinat, plusieurs suspects avec des mobiles diverses – l’argent, le prestige, le pouvoir, même l’amour – et un lieu de crime qui n’offre pas top d’idées à la commissaire. Mais au moment où le président de la République lui-même se mêle, c’est bien clair qu’il y ait beaucoup plus que simplement le meurtre d’un homme d’affaires américain.  Le personnage de Fatima m’a plu beaucoup. D’un côté, elle n’est pas du tout le commissaire ordinaire : homme cinquantenaire, alcoolique ou toxicomane, divorcé avec des enfants qu’il ne voit jamais. Elle, Fatima, est plutôt jeune, s’occupe de ses deux enfants, elle est parfois impulsive et vite enragé, éprouve la concurrence quand une autre femme apparaît et avant tout – elle est amoureuse sans pouvoir vivre cet amour.

L’aspect des drones et des logiciels et de tout ce qui est possible dans notre monde plein de technologie aujourd’hui – c’est vraiment un sujet important et menaçant. On peut bien imaginer une telle histoire se produire en réalité ce qui rend le roman encore plus intéressant. Comme citoyen moyen, on ignore ce qui se passe dans les firmes spécialisées et dans les laboratoires militaires – mais c’est nous qui sont les victimes quand quelque chose échoue.