Mazarine Pingeot – Magda

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Mazarine Pingeot – Magda

Ça fait quarante ans que Magda a quitté son pays natal, l’Allemagne, qu’elle n’a plus utilisé sa langue maternelle et qu’elle a essayé d’oublier toute sa vie avant d’arriver dans le petit village pyrénéen. Son mari Guillaume et elle vivent une vie simple, en phase avec la nature. Leur fille Alice n’est pas loin avec sa famille à elle ; eux aussi ont choisi un mode de vie particulier : une sorte de communauté qui accueille de différentes personnes qui partagent leurs idées d’autonomie et de l’extrême gauche. Quand un attentat se produit, Alice et son mari sont détenus ; Rosa, leur fille de huit ans, trouve une place chez les grands-parents. Magda et Guillaume ont peur de ce que la prison fait avec Alice, mais Magda arrive à encourager sa fille. Comment la mère sait-elle exactement comment c’est, la prison, et pourquoi parle-t-elle couramment le langage des extrémistes gauchistes ? Le passé de Magda la rejoint finalement.

Au début du roman, on se demande pourquoi la mère a donné le nom au titre et pas la fille qui est au centre de l’action. Alice se retrouve à la prison, accusé d’avoir commis un crime horrible, un acte dédaignable qui a mis en danger la vie d’êtres humains. Mais, peu à peu, le centre d’attention évolue et Magda devient de plus en plus intéressante. D’abord, elle est seulement la femme –paysanne qui a choisi la vie simple et qui cultives des légumes. Mais au moment où le discours politique commence, cela apporte un éclairage nouveau sur la femme.

Mazarine Pingeot a bien construit son roman qui a beaucoup d’aspects d’un roman policier. Il est évident que Magda a un passé intéressant et que celui-ci va être dévoilé au cours de l’action. Néanmoins, l’auteure réussit à retarder ce moment et ne donne pas trop d’indices pour deviner ce qui s’est passé exactement. Pingeot se sert de l’histoire allemande comme arrière-plan pour son roman et crée ainsi une histoire authentique qui aurait bien pu se passer de cette manière.

A part cela, c’est un roman de famille et de la question ce que c’est la famille. Combien d’affection faut-il pour témoigner qu’on s’aime et combien une famille peut-elle subir ? Y a-t-il des idéaux transmis de parents en enfants sans qu’on en parle franchement ? Et une fille, ne veut-elle pas toujours être acceptée et appréciée par la mère ?

Mazarine Pingeot m’a positivement surprise avec ce roman. J’ai lu quelques-uns de ses œuvres, mais c’étaient avant tout des romans inspirés par sa propre vie. Maintenant, c’est un roman fictif et celui-ci m’a vraiment convaincu d’elle.

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