Pierre Mari – Les sommets du monde

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Pierre Mari – Les sommets du monde

Algérie, fin des année 50. C’est la guerre. La guerre avec la France, la mère patrie. Quelques-uns continuent leur vie comme rien ne se passe, d’autres songent à quitter le pays. Chaque promenade pourrait être la dernière, l’avenir n’est pas encore décidé. On essaie de continuer, s’arranger entre OAS et FLN, entre grève générale et vie quasiment normale. Après tout, l’Algérie, c’est la France comme l’Auvergne ou l’Alsace, n’est-ce pas ?

Avec peu de connaissances sur la guerre en Algérie, il n’était pas du tout facile à suivre l’action. Le fait que celle-ci saute dans le temps n’aide pas non plus. Ce qui était le plus intéressant pour moi, c’était la manière de continuer sa vie en temps de guerre. Le protagoniste va au travail, fait la connaissance de femmes, rentre la famille et des amis – juste parfois la vie est interrompue par les actions du militaire de l’un côté ou de l’autre. Ce sont avant tout les raisonnements sur l’avenir algérien qui m’ont captivé. D’un point de vue d’aujourd’hui, c’est clair que le pays doit être indépendant, mais dans les année 50, ce n’était apparemment pas aussi évident. Créer un état fédéral où les différents groupes peuvent vivre en coexistence et l’un à côté de l’autre est seulement un concept discuté dans le roman. Mais, le lien entre eux, l’élément qui crée l’identité, c’est quoi enfin ? Pierre Mari a vraiment réussi à mettre en relief le conflit de ceux qui aimaient l’Algérie et la France en même temps et pour qui les deux pays et les deux identités n’étaient pas un contraste mais un ensemble indispensable.

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