Oscar Coop-Phane – Mâcher la Poussière

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Oscar Coop-Phane – Mâcher la poussière

Stefano, baron et grand propriétaire, tue le neveu d’Autruche, chef d’une bande de mafiosi. Au lieu de se venger, ceux-ci décident d’enfermer Stefano dans un grand hôtel duquel il n’a pas le droit de sortir. Une cage dorée car Stefano a tout ce qu’il lui faut mais quand même, ce n’est pas une vraie vie. Les seuls contacts qu’il a, c’est avec le personnel de l’hôtel. En s’enivrant, il parle au barman, avec Mathieu le réceptionniste, il entretient une relation difficile et puis, il y a la femme de chambre, Marie, et son nièce Isabelle qui attire Stefano. La vie s’écoule lentement à l’hôtel et avec la mort d’Autruche, il y a soudain la possibilité d’un changement.

Oscar Coop-Phane a trouvé un endroit bien particulier pour l’action de son roman. L’hôtel est un monde refermé. Il y a ceux qui font partie du « décor » – le barman, la femme de chambre, le réceptionniste – et ceux qui apparaissent et disparaissent quasiment aussitôt. Cela permet d’avoir de courtes rencontres et des relations qui se développent lentement à travers des semaines et mois. Au centre du roman, nous faisons la connaissance de Stefano qui doit délaisser sa vie connue et adorée. Les longues marches dans les vignobles, le contrôle de ceux-ci et, bien sûr, la liberté. Il est étonnant comment il arrive à s’installer dans la nouvelle vie. D’autre côté, son besoin de contact avec d’autres gens, de vraies relations intimes est assez humain. Il souffre quand Isabelle quitte l’hôtel comme tout le monde souffre quand un amour ne se réalise pas.

Ce qui m’a vraiment plu, c’est la variation du point de vue narratif. Oscar Coop-Phane utilise un narrateur externe qui nous décrit ce qui se passe. Puis, il y a aussi le discours indirect libre qui nous permet de mieux connaître les pensées et les sensations des personnages. En plus, le manque d’action externe, comme tout se passe dans un lieu très limité, exige de l’auteur de créer des personnages qui attirent et qui sont intéressants – autrement, on ne continuerait pas la lecture. A ce point, Oscar Coop-Phane a vraiment réussi.

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